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 Alexei Zhivotov

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Sud273
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MessageSujet: Alexei Zhivotov   Mar 6 Jan - 0:24

Alexei Jivotov (translittération française de Алексей Семенович Животов), pour les anglais Aleksey Semyonovich Zhivotov (et Shiwotow pour les allemands, ce qui n’aide guère à faire des recherches sur ce compositeur méconnu) est né le 1er Novembre 1904 (calendrier impérial, c'est-à-dire le 14).

La révélation de sa musique vient essentiellement d’une seule pièce, apparue sur la compilation BMG http://cps-static.rovicorp.com/3/JPG_500/MI0000/993/MI0000993081.jpg

de la défunte collection Musica non grata qui regroupait les pièces emblématiques de la musique des années 20, dont le septuor de Popov et Rails de Deshevov (version piano), les musiques de chambre sous la direction toujours inégalée de Lazarev.



Les Fragments pour nonette de 1928 présentent dans une écriture virtuose et des mouvements d’une extrême brièveté, des clusters, glissandi, des passages d’écriture bi-tonale, des quart de tons, des percussions sur le bois et requiert des chœurs à bouche fermée émanant des instrumentistes, toutes techniques qui n’apparaîtront que beaucoup plus tard dans la musique soviétique. La partition, comme beaucoup de musique de cette époque, est aujourd’hui, à l’ouest, éditée par l’américain Schirmer.

On croyait à l’époque qu’on n’entendrait plus jamais parler de Zhivotov, sans savoir qu’il existait un enregistrement de concert de Mravinsky du beaucoup plus tardif et forcément moins avant-gardiste Poème héroïque (1946).



Zhivotov, né à Kazan, fut au centre des mouvements futuristes dès la deuxième moitié des années 20. Elève de Scherbatchov et Tchernov, il fut rapidement nommé professeur de théorie et d’instrumentation au conservatoire de Leningrad, poste qu’il occupa de 1926 à 1930, tout en devenant membre actif du cercle « Nouvelle culture musicale » créé par Popov en 1929 et qui visait à étudier le développement de la musique symphonique dans les œuvres de Mahler, Bruckner et Richard Strauss, ainsi que la musique de chambre de Krenek, Schönberg, Stravinsky, Hindemith.

C’est de 1927 que date la première à Leningrad de Wozzeck de Berg,(et la lettre du même félicitant Chostakovich pour sa 1ère symphonie) le septuor de Popov, la 1ère de Knipper et la Suite pour grand orchestre qui marque le début de la carrière de Zhivotov. Elle ne fut cependant exécutée publiquement qu’en 1930. Entre temps Zhivotov s’était fait remarqué par sa collaboration à l’oratorio collectif  « Lénine » (1929) -sur le poème de Maïakovski- écrit par Scherbatchov et ses élèves : Arapov, Voloshin, Chulaki et Yudin. Le mouvement de Zhivotov porte le titre « Zavod », exactement comme la pièce de Mossolov pour le ballet l’Acier, sans doute écrit en même temps que le prélude de l’acte II de La Glace et l’Acier de Deshevov qui se déroule également dans une « fonderie d’acier », avec des moyens plus radicaux encore, puisqu’il utilise un chœur parlé –murmuré- alignant des séquences de chiffres sur une rythmique de clusters de piano, dont les 88 notes étaient frappées simultanément par une planche en bois. La même technique est utilisée par Charles Ives dans la Concord Sonata.

En 1930, Zhivotov compose une Suite de Jazz, où Larry Sitsky note un penchant pour le grotesque, conforme à l’esthétique de ces années-là (qu’on pense à Chostakovitch ou à Télescope II de Polovinkin). C’est l’année où il obtient son diplôme à Léningrad, alors qu’il enseigne déjà depuis quatre ans. Sa réputation grandit avec l’oratorio Zapad « De l’ouest » où il met en musique des textes politiques (majoritairement allemand, Seifert, Veiskopf parmi d’autres) : il y affirme une maîtrise de l’orchestration, écrivant pour très grand orchestre avec chœur mixte et ténor solo.
Une suite de Danses et l’Elégie en mémoire de Kirov (1935) marquent la fin de sa carrière moderniste, après quoi on n’entend plus beaucoup parler de lui, car il se plie sagement à la ligne officielle, se concentrant sur l’écriture de cycles de mélodies.

Membre du directoire de l’Union des Compositeurs de Leningrad à partir de 1941, il fait partie des rares à refuser de suivre l’évacuation et sera décoré pour faits de résistance. Nommée Artiste du peuple de la RSR en 1957, il semble peu joué et peu enregistré (à l’exception du Poème héroïque de Mravinsky qui était son condisciple dans la classe de Scherbatchev). Son catalogue, pour ce qu’on en connait, contient, en 1940, un Poème Romantique, une Festival ouverture sept ans plus tard, et 16 partitions de musique de film et de théâtre.

Il aurait laissé un opéra, « L’année 1919 », mais Sitsky est le seul à le mentionner contrairement au Groves qui contient diverses erreurs. Sa destinée évoque, à l’autre bout du monde celle de Walter Piston dont Bernstein dit après sa disparition « Nous l’aimions beaucoup, nous ne le jouions jamais ». Les quatre dernières années de sa vie, il fut cantonné à la direction des Archives. Y découvrirait-on  quelque partition d’importance oubliée ?

Au nombre de ses musiques célèbres pour le cinéma, contenant des numéros vocaux, on peut encore avoir accès à
1953-Printemps à Moscou
1955-La nuit des rois
(Pour la patrie Soviétique et Gloire Mondiale, datant de la fin des années 30 ont disparu des écrans)
Son tube vocal (avec Le bouleau, qui est un genre de Lindenbaum russe) est la romance Je t’aime



On ne trouve sur le net qu’un seul portrait
http://spb-tombs-walkeru.narod.ru/2013/9/zhivotov1.jpg
(encore ressemble-t-il beaucoup à celui qu’on nous donne souvent pour Boris Arapov)
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