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 Vladimir DESHEVOV (1889-1955)

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Sud273
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Date d'inscription : 28/02/2007

MessageSujet: Vladimir DESHEVOV (1889-1955)   Mar 21 Déc - 23:44

Liste des oeuvres

Avant 1908 : composition d’un ballet sur le thème de Till Eulenspiegel (inachevé et perdu)
1913- Etude pour piano opus 1 (jouée à l’occasion d’un concert du chanteur Zabeli-Vrubel)
1919 ?- Deux sonates pour piano en un mouvement (non publiées)
1921- Méditations opus 3, sept impressions (miniatures pour piano)
1919-1922 ?- Poème symphonique « Bolcheviks » opus 8 manuscrit perdu (titré 1918 des fragments sont exécutés en 1919, l’œuvre est recyclée dans le deuxième acte du ballet La Tornade Rouge)
1922- Scherzo pour piano opus 6- Ballade pour piano opus 7 (publication 1928)
1924- Œdipe-Roi, musique incidentale pour la pièce de Sophocole pour soliste chœur et orchestre.
1924- La Tornade rouge, ballet de Lopukhov
1925- Djebella, ballet
1926- Suite exotique opus 13 (l’Ile de Pago-Pago et Mariage, deux numéros pour la pièce
-anti-colonialiste- Rain d’après la nouvelle de Somerset-Maugham)
1926- Rails, musique incidentale pour le drame de Paparigopoulo, dont est extrait la pièce pour piano Rails opus 16 (1’18)
1926-Suite chinoise opus 12 (tirée de la musique incidentale du drame Chang Gajtang)
1927-Japanese suite opus 15 (musique incidentale pour Ode Nobunago d’Okamoto Kido)
1927- Suite de concert tirée des ballets La Tornade rouge et Djebella
1927- Prélude et Toccata (pour orchestre) ?
1927- Le conjuré de Bagdad (The Baghdad conjurer) opérette
1928- La colline accueillante, opérette (The amicable Hill)
1929- La Glace et l’acier opus 24, opéra
1929- Etude ? (pour orchestre ?)
1930- La poste, musique pour le film d’animation tirée du poème de Marshak
1930- Le début (The beginning-Dcherang) ballet
1931- La steppe affamée (The hungry Steppe) opéra (inachevé ?2 actes complets)
1930-31- Plyas le shaman, opus 25 poème symphonique
1931- Samarkand suite op 26 (tirée de l’opéra La steppe affamée?)
1936- Gulliver chez les Lilliputiens (musique incidentale pour le théâtre de marionnettes)
1947- Conte de fées russe, poème symphonique
1947-49 ?- Bella, ballet
1949- Conte de la Tzarine morte et des 7 bogatyrs (en collaboration avec Lyadov ?)
1950- Ouverture Russe
1953- Leningrad, poème symphonique
Musiques de radio et de cinéma, entre autre pour les films « Fragments d’empire » « Purgatoire » « L’academicien Pavlov » « Le serviteur de deux maîtres »



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MessageSujet: Re: Vladimir DESHEVOV (1889-1955)   Mar 21 Déc - 23:45

Vladimir Mykhailovich Deshevov est né le 11 février 1889 à Saint-Petersbourg dans une famille aisée. On prête à son père, ingénieur, habitué des concerts, instruit en dilettante dans la théorie de la musique, et facteur d’orgue amateur, l’invention du microphone. Sa mère, Ana Konstantinovna Losev, fille d’un cannonier qui avait voyagé avec Gontcharov sur la frégate Pallas, chantait des mélodies dans les salons, et sa grand-mère maternelle, pianiste d’exception, fut à l’origine de sa vocation musicale, lui apprenant à noter les morceaux qu’il improvisait dès l’âge de cinq ans.
En 1898, (son père mourut deux ans plus tard) la famille s’installa à Tsaskoye Selo (Pushkino) où Deshevov fréquenta les meilleurs écoles impériales, hésitant à entrer à l’école des Mines, par suite de sa réussite dans les matières scientifiques.
Condisciple de Nikolai Gumilev (poète qui devriendrait le premier mari d’Ana Akhmatova) il fréquenta avec lui le cercle de l’Amirauté, réuni autour de la famille Arensov qui habitait un pavillon proche du Palais Impérial. Une anecdote veut qu’à la demande de Gumilev il eût exécuté une fresque représentant le monde sous-marin où Ana Akhmatova apparaissait sous les traits d’une sirène.
Jouissant d’une réputation d’enfant prodige, il reçut ses premiers cours de solfège et de théorie du compositeur A. Pashchenko et s’installa l’été à Pavlosk entre 1906 et 1908 pour se rapprocher de la vie musicale et assister aux concerts symphoniques. Ses amis lui ayant offert un abonnement, il fit en 1908 le voyage de Bayreuth, avant d’entrer au conservatoire de Petersburg, dans la double spécialité de piano et composition.

Pour le piano, il fut l’élève de Leonid Nikolaiev en cycle supérieur, pour le contrepoint de Kalafat, de Liadov et Steinberg pour la composition, d’Alexandre Gauk pour la direction d’orchestre (Chostakovich passera dix ans plus tard par les mêmes classes). Remarqué par Glazounov, déjà directeur du conservatoire, il eut pour condisciple Prokofiev (et donc Miaskovsky) dont la musique –il composait alors entre autre son deuxième opéra Ondine- semble l’avoir durablement marqué, et avec qui il entretint longtemps des relations amicales comme le montre une correspondance suivie durant l’été1913, alors que Prokofiev voyageait en Europe avec sa mère.
Ainsi en juillet 1913, Deshevov écrit :
« j’ai entendu à Pavlovsk la 2ème symphonie de Miaskovsky. Musique très bien faite, avec des moments prenants : le début de la deuxième partie est parfait et d’une haute inspiration. Peut-être y faudrait-il un peu plus de variétés dans les rythmiques… »
C’est déjà à cet élément que Deshevov s’intéresse de façon prioritaire. Sa première œuvre est exécutée publiquement à Petersbourg lors d’un concert du chanteur Zabely-Vrubel, une étude pour piano opus 1.

Diplomé en 1914, il est enrôlé dans l’armée dès le 30 juillet, et la révolution de 1917 le surprend sur le front. Avec la désintégration de l’armée régulière, il retourne à des activités musicales, participant à la création de diverses écoles de musiques populaires, à Elisabethgrad (où il enseigne le piano et la théorie) puis en 1920 à Sébastopol, où il reprend des activités de concertiste. C’est là qu’il rencontre et enseigne la composition à Konstantin K. Saradzhev (1900-1942), personnalité unique, qui voit les couleurs des sons et des gens. Ils établissent conjointement une table de couleurs-résonnances qui prolongent les théories de Rimsky et Scriabine. En Novembre, quand les armées blanches quittent la Crimée (avec le départ du gouvernement de la Russie du Sud du général Vrangel), il met sur pied le projet d’un conservatoire national de Sébastopol, qu’il dirige à partir de janvier 1921 et dont le but est de permettre à tous de pratiquer la musique et de donner au peuple les moyens d’exercer leur talent artistique. Ces beaux projets cèdent assez rapidement devant la ruine et la famine, et, après un détour par le conservatoire de Kharkov, en Octobre 1922, Deshevov est de retour à Petrograd, avec la ferme intention de faire carrière au théâtre.

Sur la recommandation d’Asafiev, Deshevov reçoit en 1924 la commande de la musique de scène d’Œdipe-Roi de Sophocle, pour le Théâtre Académique (aujourd’hui Théâtre Pushkin). La pièce est condamnée après la cinquième représentation, partiellement parce qu’un drame de la fatalité dans une époque lointaine n’est pas « conforme » selon la critique à ce qu’on attend du théâtre, mais aussi parce qu’on juge que la pièce s’est trop rapporchée de l’opéra ou de l’oratorio, Deshevov ayant mis en musique toute la partie du Chœur, sur laquelle viennent se greffer des parties dansées et chantées des protagonistes.
La même année il compose (en partie du moins, car il semble que la musique du ballet original de Lopukhov contienne des fragments de Stravinsky et de Chostakovich) La Tornade Rouge, où il recycle son poème symphonique « 1918 » (titré Bolcheviques lorsque des fragments en sont exécutées en 1919). La critique dénonce un livret psychologisant et prétentieux, une mauvaise chorégraphie, et « une partition d’apparence complexe qui ne sonne pas ». Il faudra attendre la suite d’orchestre de 1927 pour que la réception change complètement.

Le deuxième ballet de Deshevov lui succède immédiatement : Djebella traite de la colonisation en Afrique et au Maroc, mais à cause du livret « politiquement erroné » de S.Radlova et A.Piotrovsky il n’arrive pas jusqu’à la scène. La suite d’orchestre qui en est tirée deux ans plus tard connaîtra elle aussi un grand succès : « couleurs orchestrales brillantes, pittoresque, rythmiques originales » (A Rimsky-Korsakov) selon la critique qui y décèle une parenté avec la musique française contemporaine.
Et en effet quand Milhaud vient à Moscou en 1926, c’est Deshevov qui lui paraît le plus intéressant des musiciens de la jeune génération soviétique, avec qui il entretient des rapports durant des années, tentant de faire jouer ses ballets en France et de le faire inviter en collaboration avec les ambassades. C’est aussi le seul parmi les musiciens de Léningrad à qui Prokofiev, en tournée en 1927 accorde quelques lignes sympathiques dans son journal..

En 1925, Deshevov est dans tous les théâtres de Leningrad, et en tant que chef d’orchestre il remplit les fonctions de directeur musical du Théâtre Rouge, le premier collectif créé en vue de répandre le répertoire soviétique. Il y dirige quatre spectacles et écrit en 1926 la musique du drame industriel qui va le rendre immortel, Rails de Paparigopoulo. La petite pièce de piano éponyme (1’18) tirée de la partition devient l’un des symboles du « machinisme » à l’égal de Pacific 231 d’Honegger, de Zavod de Mosolov et de Barrage sur le Dniepr de Meytius.

Durant la même saison 1925-26, le théâtre Comedy programme un drame chinois du 13ème siècle, le Cercle de Craie de Lan-Ki adapté de sa traduction allemande. La Suite Chinoise opus 12 tirée de la musique pour le mélodrame Chang Gajtang est remarqué comme un ensemble de miniatures impressionistes « un album d’esquisse en silhouettes » (D. Shen) et saluée comme ce que Deshevov a produit de meilleur.
L’intérêt pour l’extrême-orient ne s’arrête pas là, et Deshevov fait des recherches sur la musique traditionnelle japonaise, le studio-théâtre des jeunes du Théâtre Académique lui ayant commandé une musique incidentale pour Ode Nobunago d’Okamoto Kido traduit par N. Konrad. Il en tire la Suite japonaise opus 13 dont le matériel existe encore dans son instrumentation d’origine.

Pourquoi, au fait de sa popularité, Deshevov se tourne-t-il vers l’opérette ? dans une frénésie de conquête de tous les genres possibles à la scène ? Personne n’est en mesure de donner les raisons mais on y voit la même démarche que celle de Chostakovich qui n’hésite pas à collaborer aux musiques de revue. Deshevov fait aussi partie brièvement, comme Popov, des pianistes qui accompagnent les séances de cinéma muet, et il compose pour les mêmes théâtres où seront joué La Puce de Mayakovsky ou Mort à crédit. Coup sur coup il écrit les deux opérettes « Le conjuré de Bagdad » et « La colline accueillante ». Selon certaines sources il aurait écrit de la musique pour plus d’une trentaine de pièces de théâtre avant de produire sa partition la plus importante en 1929, l’opéra La Glace et l’Acier.
Ce premier opéra soviétique connaît un énorme succès à Léningrad. Il n’en va pas de même à Moscou ni dans les villes qui le reprennent brièvement.

En 1930, le Théâtre d’opéra et de ballet de Léningrad commande à Deshevov un opéra, la Steppe affamée, et un ballet, Débuts, sur la collectivisation de l’extrême-orient. Pour se familiariser avec la musique d’Ouzbekhistan, Deshevov séjourne à Samarkand. Il semble qu’il ait emboîté le pas à Glière, avec un peu moins de réussite, car la réaction a commencé à se manifester, poursuivant à la fois les avant-gardistes et les folkloristes. Alors que deux actes de l’opéra sont terminés et que les esquisses du ballet sont finies, le Théâtre décommande les projets, les livrets n’étant plus adaptés aux changements politiques locaux et la progression de la collectivisation ayant changé d’objectif. Mais surtout aucun des théâtres ne renouvellent leur contrat. Il semble que Deshevov ait été profondément affecté par cette volte-face. Ses dernière compositions pour orchestre recyclent la musique inutilisée : c’est la Samarkand suite opus 26, et le poème symphonique Plyas, le shaman opus 25 qui subsistent.

A partir de 1930-1932, sentant le vent tourner, et comprenant que la musique « moderne » n’a plus droit de citer en Union Soviétique, Deshevov s’enferme dans un long silence officiel, se mettant, comme tant d’autres au service de la musique de film, et de projets moins ambitieux, et moins exposés, comme les musique qu’il écrit pour les dramatiques radiophoniques, se concentrant alors sur la technique du montage audio.
Parmi ses réalisations tardives, on peut citer la musique pour le théâtre de marionettes Gulliver et les Lilliputiens qui semble avoir tenu la scène jusqu’à la fin des années 1980, et les bandes originales de nombreux films dont Fragments d’Empire, Purgatoire, l’Academicien Pavlov et Le Serviteur de deux Maîtres.

Au cours des années 40 et 50, Deshevov (comme d’autres survivants de l’avant-garde russe, Mosolov et Zhivotov) fit un retour sur la scène de la musique symphonique, avec semble-t-il un succès mitigé, malgré une simplification de style correspondant aux exigences du réalisme soviétique. On en sait encore moins sur ces partitions tardives, et l’on en est réduit à faire le recensement du catalogue : le ballet Bella, le Conte de la Tzarine morte et des 7 bogatyrs (1949), Conte de fées russe (1947), Ouverture Russe (1950), Leningrad (1953).

Deshevov est mort le 27 octobre 1955 à Leningrad.
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