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 Howard HANSON (1896-1981) Merry Mount (1934)

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MessageSujet: Howard HANSON (1896-1981) Merry Mount (1934)   Mer 26 Sep - 0:18

MERRY MOUNT (1934)
opera en 3 actes et 6 scènes


Hanson, en 1934 à l'époque de la création de Merry Mount

Heureux événement : 80 ans après sa création, Naxos permet enfin d’accéder à un enregistrement correct de l’opéra d’Howard Hanson « Merry Mount », la dernière œuvre capitale de ce compositeur restée dans les tiroirs. Ce double disque est issu des deux concerts donnés par Gerard Schwartz (spécialiste du genre et qui semble continuer son intégrale de la musique d’Hanson) en 1996 : il a fallu attendre plus d’une dizaine d’années qu’on se décide à mettre en vente cette version qui remplace heureusement l’unique enregistrement existant, celui de la création, au Metropolitan Opera en 1934, avec Lawrence Tibett sous la baguette de Tullio Seraphin, captation de qualité très moyenne –en fait à peine audible- d’une diffusion radio, dont la commercialisation (par Naxos aussi) avait été interdite sur le territoire américain, sans doute pour d’obscures raisons de propriété intellectuelle attribuée aux sponsors d’opéra que sont depuis l’origine les compagnies pétrolières locales.

On ne connaissait donc jusqu’ici que la suite op 31 enregistrée de nombreuses fois par Hanson lui-même ou par divers interprêtes modernes, et qui ne rend absolument pas compte, malgré le brio des pages orchestrales, du sujet, ni de l’importance de l’ouvrage, qui est le premier opéra écrit par un américain, sur un sujet américain. Il est donc symbolique que dans le répertoire du Metropolitan Opera avant 1952, cette pièce maîtresse nous soit rendue avant ceux de Damrosch, H-K Hadley, Gruenberg ou Victor Herbert.

Merry Mount ne s’est pas durablement maintenu en tant que tel au répertoire des théâtres américains même si sa création suscita un mouvement d’enthousiasme sans précédent. Le soir de la première, il n’y eut pas moins de 50 rappels : la publicité avait été bien entretenue, car Merry Mount, commandé en 1930 avait été prévu pour la saison 1932, mais Hanson n’avait pas réussi à achever à temps sa partition, qui fut crée l’année suivante à Ann Arbour, en concert, et précédée d’une réputation flatteuse que les événements ne paraissent pas avoir confirmé ultérieurement.

L’accès à l'oeuvre des européens, des latins particulièrement, est assez compromis, car on est pas très au courant ici des pratiques nordiques païennes, ni des conflits religieux et territoriaux des premiers temps des colonies anglaises sur le sol américain. Et peut-être les américains ont-il oublié eux-mêmes ce qu’était la Nouvelle Angleterre en un temps d’avant le Far-West, quand il y avait encore des Indiens, et des libre penseurs : les Puritains eux sont toujours là, mais le sort de ces fanatiques religieux n’est pas des plus enviables dans l’œuvre en question.


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MessageSujet: Re: Howard HANSON (1896-1981) Merry Mount (1934)   Mer 26 Sep - 0:23


illustration pour la nouvelle de Nathaniel Hawthorne

De Mare Monte à Mont Dagon:
Origines historiques du livret


Le livret est l’oeuvre de Richard Leroy Stokes, critique musical New-yorkais, qui adapta librement en 1927 la nouvelle de Nathaniel Hawthorne Le mat de cocagne (l’arbre de mai) du Mont Joli (extrait de Contes deux fois contés) qui raconte l’affrontement entre une communauté de Puritains et de Cavaliers (colons anglais, commerçants, ayant partie liée avec les Indiens et le traffic des peaux, anti-religieux, remontant aux traditions du paganisme) et l’un des moments fondateurs de l’Amérique indépendante. La nouvelle d’Hawthorne, après s’être copieusement attardée sur la description de cérémonies païennes et licencieuses célébrant les fêtes du printemps comme au temps des Floralies romaines, décrit la victoire des Puritains par le meurtre et le fouet. Comme dans beaucoup d’œuvres d’Hawthorne, on ne peut déterminer dans quelle mesure cet éloge de la morale ne constitue pas une attaque contre l’hypocrisie et la bigoterie des religieux. Les événements historiques sont moins clairs et Stokes remonte aux sources, notamment aux écrits de Bradford et Morton, deux des protagonistes de l’affaire, oubliés dans le conte d’Hawthorne. L’histoire est axée sur la concupiscence du prêcheur puritain, Wrestling Bradford, qui tombe amoureux d’une Vénus itinérante qu’il prend pour une sorcière, et dont il tue le fiancé le jour de leurs noces, précipitant la chute de sa communauté détruite par les Indiens. Dans le livret de Stokes, tous les personnages sont affublés de surnoms (ou de prénoms) ridicules qui laissent dubitatifs sur qui sont les bons et qui les mauvais .

L’action est située en 1628, près de ce qui est aujourd’hui la ville de Quincy, Massachussets, dans la colonie puritaine de Plymouth au pied du Mont Wollaston.
En 1624, Thomas Morton émigra d’Angleterre en compagnie du capitaine Wollaston : incapables de s’entendre avec les chef des Pèlerins de la colonie de Plymouth, Wollaston et Morton quittèrent l’année suivante le campement avec une quarantaine de colons et s’établirent sur les flancs de la colline sur laquelle s’élève aujourd’hui la ville de Quincy. En 1626 Wollaston et la majorité des colons partirent s’établir en Virginie. Resté sur place, Morton renomma le village Mare Mount (la colline près de la mer), qui devint Merry Mount (la colline joyeuse, le gai séjour) dans la bouche de ses ennemis. Les sécessionnistes entrèrent alors en conflit avec leurs voisins de Plymouth, et dressèrent au sommet de la colline un « Arbre de Mai » (Maypole), ainsi que Morton lui-même le raconte dans « Canaan de la Nouvelle Angletere » :

Citation :
« Les habitants de Mare Mount devisèrent entre eux et décidèrent de réjouissances selon la vieille coutume anglaise ; il se préparèrent à dresser un mat de Cocagne pour le jour du Festival… brassèrent un plein baril d’excellente bière, pour la partager avec tous les participants… ils composèrent aussi des chants propres à célébrer l’occasion. Au premier jour de Mai ils transportèrent l’Arbre de Mai au lieu choisi, avec tambours, pistolets, et autres instruments idoines, et le dressèrent avec l’aide des Sauvages, venus assister à nos réjouissances ».

Selon William Bradford, gouverneur de New Plymouth, l’affaire est un peu plus politique. Morton qu’il décrit comme un ivrogne familier des cabarets des bas-fonds londoniens, profita du départ de Wollaston pour harranguer les derniers habitants de sa communauté :

Citation :
"Vous le voyez, dit-il, nombreux sont vos camarades qui ont été déportés en Virginie, et si vous attendez leur retour, vous aussi serez emmenés et vendus comme esclaves. Alors je vous recommande de chasser le Lieutenant Fischer, et , moi, qui aie pris part à cette colonie, je vous traiterai comme mes partenaires, vous serez exempts de tout service, nous pourrons commercer, planter et vivre ensemble égaux »- et ainsi de suite. Ce conseil fut facilement reçu, ils chassèrent le Lieutenant Fitcher… le forcèrent à leur procurer nourriture et biens arrachés à leurs voisins, jusqu’à ce qu’il parvienne à s’échapper vers l’Angleterre. Ils sombrèrent alors dans la plus grande licence, menant une vie dissolue et profane. Morton devient le chantre du désordre, et le directeur d’une véritable école de l’Athéisme. Dès qu’ils acquéraient quelques biens, en commerçant avec les Indiens, ils le dépensaient à boire du vin et d’autres boissons fortes –certains l’ont dit parfois la valeur de 10 livres pour une seule matinée. Ils dressèrent un Arbre de Mai, autour duqeule ils buvaient et dansaient plusieurs jours d’affilée, invitant des femmes indiennes à les rejoindre, dansant et frayant ensemble comme avec des fées –ou des furies plutôt –pour ne rien dire de leurs pratiques encore plus scandaleuses. C’était comme s’ils avaient restauré les fêtes romaines de la déesse Flore, ou les pratiques bestiales des folles Bacchanales. Morton, forçant son talent, composa des vers et des chanson, certains encourageant la lascivité, d’autres insultant leur voisins, tous dédiés à l’idole symbolique de leur oisiveté, leur mat de Cocagne. Ils changèrent le nom de l’endroit, de Mont Wollaston en Mont Joli (Merry Mount) comme si leurs joyeusetés devaient durer toujours. Cela ne dura point, peu de temps après Morton fut renvoyé en Angleterre. Arriva le noble Mr. John Endicott, portant patente scellée du roi, pour s’établir gouverneur du Massachussets. Après avoir inspecté les environs, il fit abattre l’Arbre de Mai, réprimanda ses adorateurs pour leurs profanations et les engagea à corriger leur conduite. En conséquence, d’autres baptisèrent l’endroit du nom nouveau de Mont Dagon ! »

En 1628, les autorités de Plymouth dépêchèrent un certain Miles Standish pour rétablir l’ordre, lequel fit abattre le Mat de Cocagne et règla le problème en faisant de Morton son prisonnier. Morton et ses associés étaient trop saouls pour résister, dit-on, et ils furent exilés sur une île proche. Morton y fut secouru et nourri par des Indiens reconnaissants, et regagna l’Angleterre. Il réapparut à Plymouth l’année suivante, fut à nouveau arrêté et ses biens confisqués. On le vit revenir en 1642, après quoi il fut emprisonné à Boston, puis exilé dans le Maine où il vécut le restant de ses jours.

On voit, derrière cette histoire symbolique se profiler la question de l’exploitation des Indiens et des déportés anglais : on y trouve les débats religieux familiers des pays anglo-saxons européens, et la concurrence entre la religion officielle et les traditions héritées du paganisme. La coutume qui veut que l’on fête le printemps en dansant autour d’un Arbre de Mai a été successivement encouragée puis condamnée en Angleterre, en Suède, en Allemagne. Le symbolisme primitif du mat de Cocagne se rattache à la pensée religieuse des premiers temps. On lit chez Mircea Eliade comment dans certainers sociétés d’Afrique, l’arbre dressé au centre du village représente l’axe du monde : ce totem permet la communication entre le monde sous-terrain et le monde céleste, il est, en tant que symbole phallique, au centre des célébrations de renaissance, de retour du printemps, comme le mythe crétois du labyrinthe, comme le pommier d’Eden devenu notre Arbre de Noël. Dans la nouvelle d’Hawthorne, Endicott transforme le Maypole en un Whipping post (poteau auxquel on ligotte les blasphémateurs pour leur donner le fouet) qui sont avec le pilori les symboles remplaçant le totem sur les grands-places des colonies Puritaines.
La tradition de l’Arbre de Mai, avec ses rubans multicolores est toujours vivace aux Etats-Unis : on voit de nombreuses photos des années 10 où des enfants, souvent noirs et pauvres dansent autour des Mats de Cocagne.


Alabama 1910


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MessageSujet: Re: Howard HANSON (1896-1981) Merry Mount (1934)   Mer 26 Sep - 0:33

Synopsis



Acte I: Le Village
Le premier acte se déroule sur la place centrale d’un campement des Puritains

En fond de scène se trouve un bâtiment carré en rondins de bois, qui sert d’Eglise et de Forteresse, couronné d’un toît en terrasse que borde un parapet dans lequel sont découpés des meurtrières laissant passer la gueule de plusieurs canons. La façade est percées de trois portes, l’ouverture centrale comprend un porche au centre duquel est clouée une tête de loup. Sur le toît, Faint-Not Tinker (Tinker qui ne s’évanouit jamais) monte la garde.
A gauche de la maison commune se trouve un pilori occupé par Jonathan Banks, baillonné et en haillons : il a été visiblement battu. A droite se dresse un portique auquel est attaché par des fers aux pieds et aux poignets Desire Annable, fille-mère coupable de prostitution. Au centre de la scène on voit le poteau destiné au châtiment par le fouet, pour l’instant inoccupé. A droite de la scène se tient un chef Indien, Samoset, accompagné de sa femme et d’un enfant qui joue à ses pieds.
On est au mois de Mai, un samedi (jour de Sabbath) à midi.

Après le prélude, on entend les voix des membres de la congrégation appelant Dieu à châtier les incroyants. Ils sortent de l’Eglise, accompagnés de leur jeune ministre Wrestling Bradford qui poursuit son sermon à l’extérieur. Il dénonce les incroyants et Satan, responsables des mauvaises récoltes qui affament la colonie, déclenchant l’admiration des fidèles et notamment de la jeune Plentiful Tewke, qui a osé orner sa robe grise de quelques rubans de couleur. Il s’en prend aussi aux sorcelleries des indiens, provoquant le départ de Samoset indigné. Puis son attention se porte sur Desire Annable, qu’il libère après l’avoir morigénée. Il s’intéresse alors à Banks dont les blasphèmes suscitent la réprobation de la foule : il est néanmoins libéré et chassé à coups de pieds par les Puritains, qui sortent en chantant des cantiques : restent en scène Bradford et Praise-God Tewke (dont la fille s’est dissimulée derrière une ouverture de la maison commune). Tewke complimente Bradford sur son sermon, tandis que Faint-Not acquiesce de la tête du haut de son poste de garde. Bradford confie au vieillard qu’il est poursuivi pendant son sommeil par la vision de « concubines de l’Enfer » aux poitrines « à l’odeur de miel » et particulièrement qu’Astoreth, reine de la Lune, lui est apparue en rêve pour l’inciter à commettre le pêché de chair. Devant cette évocation il tombe à genoux et prie.

Citation :
Air de Bradford

TEWKE
A savoury discourse, good master Bradford,
And a lasty shake of the Devil!

BRADFORD
Oh,‘tis an earth defiled whereon we live!
There is no leafy bow’r, no dale or grot,
But is a sty for most pernicious devils;
No flow’ry mead but wafts a stench of brimstone,
No cloud but is a nest of hellish vultures!

TEWKE
The God of Peace
Under our foot shall bruise the Serpent’shead!

BRADFORD
By night I hear them post upon the wind
To clang of arms and yelp of demon laughter.
Anon the cursed rout besets my chamber,
And there with blazing iron and lash of scorpions
They harrow me to sign the Devil’s Book,
The which I spurn, for love of Christ, our Lord!
Then of a sudden is the dark aflame
With execrable shapes,
The fair lascivious concubines of Hell,
With dewy flanks and honey-scented breasts,
Who tug away the covers, prick my flesh
With hands of fire.

TEWKE
Softly, softly!

BRADFORD
Hear me, or I go mad!
Last night came One
That paced adown the stairway of the sky,
Like unto Ashtoreth, Queen of the horned moon!
She spoke:“Belovèd, come, and taste with me
The Vine of Life!”
The kisses of her mouth
Were as the lightning and the clash of swords;
And with the dulcet agony thereof,
I awoke in tears!
Ah, dear God, save me,
Save me from Evil Spirits,
Or else my soul is damned forevermore!

Tewke persuade Bradford que la solution pour se libérer du démon est le mariage, et justement sa fille, Plentiful, éprouve pour lui une « inclination déraisonnable ». Sortant de sa cachette à l’appel de son père, celle-ci confirme. Bradford s’emporte et entend célébrer leur mariage le jour-même, mais elle résiste et demande un délai de fiançailles. Bradford accepte, et selon la coutume lui donne une demi-pièce d’argent, elle lui baise la main, et tente de s’enfuir devant sa brutalité quand une troupe d’enfants interrompt leurs débats.
Les enfants chantent « Plentiful Tewke a pêché le prêcheur », et Bradford leur rappelant que c’est Sabbath les encourage à étudier leur histoire religieuse, leur rappellant les enfants qui furent dévorés par les ours pour s’être moqués du prophète Elie.
Arrive Jack Prence, un mendiant bossu, portant une casquette de fourrure, récemment débarqué d’Angleterre. Il trace pour les enfants une sorte de jeu de marelle. Mais aussitôt trois Puritains armés de piques surgissent et l’attachent au poteau pour le questionner. Ils apprennent qu’il est l’éclaireur d’une troupe de Cavaliers qui viennent fonder une colonie concurrente, Merry Mount.
Entre alors Lady Marygold Sandys, vêtu d’une lourde robe de voyage en velours rouge, et coiffée d’un chapeau à plumes où brillent des pierreries. Bradford, de retour, est aussitôt fasciné par la femme, en qui il reconnaît la tentatrice qui lui est apparue dans son rêve. Il fait libérer Prence : Marygold appelle ses compagnons, qui surgissent sabre au clair, tandis que Faint-Not Tinker, réveillé par le bruit, chute de son parapet. Parmi les Cavaliers se trouvent Thomas Morton, l’oncle de Marygold, son lieutenant, Scrooby, et Sir Gower Lackland, un jeune noble arrogant, porteur d’une patente du Roi Charles. Des hommes de leur suite portent un tronc destiné à l’édification du mat de Cocagne de la nouvelle colonie.
Il s’ensuit un échange d’amabilités entre les deux parties, les Cavaliers traitant de rebelles les Puritains qui stigmatisent en retour leur peu de foi. Tewke cherche à calmer les troupes, tandis que Bradford se montre étrangement aimable avec les nouveaux arrivants. Il finit par se jeter aux pieds de Marygold, la suppliant de lui permettre de sauver son âme du démon, sous le regard de Plentiful atterrée. Marygold l’invite à la rejoindre au coucher du soleil… pour célébrer son mariage avec Gower.
En dépit de la trêve qu’il vient de promettre, Bradford, après le départ des Cavaliers harangue ses troupes afin d’attaquer l’ennemi dès la nuit. Plentiful s’approche de lui, il la regarde comme une étrangère, tire de sa poche l’autre partie de la demi-pièce représentant son engagement et la piétine. L’acte s’achève par les chants des Cavaliers au loin se préparant à célébrer la danse de Mai, et les objurgations des Puritains décidés à les réduire en charpie.


Gladys Swathout en costume de Plentiful Tewke


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MessageSujet: Re: Howard HANSON (1896-1981) Merry Mount (1934)   Mer 26 Sep - 0:36

Acte II
L’après-midi de la même journée.

Scène I : L’arbre de mai
La scène se situe au sommet d’une colline. Au centre se dresse un mat formé du tronc d’un pin. De la couronne fixée à son sommet pendent des fanions et des rubans colorés, des tresses de feuillages et de fleurs en bouton, une guirlande de roses. Au pied du mat se trouve un trône et neuf sièges, à gauche des tables de banquet. On entend dans le lointain une cloche de navire, des tirs de canon et des appels de trompettes.
Pour le festival, Morton est le Maître de cérémonie, Scrooby, vêtu en clergyman, l’Abbé des Transports, porte une couronne de feuilles de vigne et une guirlande de fleurs. Gower, le Fiancé de Mai est habillé de soie blanche, une écharpe arc-en-ciel lui barre la poitrine, son équipage est composé des Neuf notables, Josué, David, Hector, Alexandre le grand, Juddas Macchabée, Jules César, Arthur, Charlemagne et Godefroy. Parmi les assistants, certains déjà ivre, on voit des faunes et des nymphes, nains et satyres, bergers et bergères, jongleurs, acrobates, avaleurs de sabres, archers, ménestrels, bonimenteurs, hommes des bois vêtus de feuillages, hommes sauvages vétus de peaux de bêtes, un ours qui danse, Robin et ses joyeux compagnons, une effigie de Flore, déesse du printemps.

Après un court prélude le rideau se lève sur la procession de Gower et sa suite, tandis qu’on danse autour de l’Arbre de mai, en entremêlant les rubans. Samoset entre suivi de ses guerriers et ses squaws, apportant des présents pour les Fiancés de Mai, en échange de quoi il reçoivent le boire et le manger.
La danse se fige quand la fanfare des cors annonce l’arrivée du char de Flore : 36 jeunes filles forment le véhicule, quatre d’entre elles figurent les roues avec des ombrelles. Au sommet se trouve la Fiancée de Mai, Lady Marygold sous les traits de Flore. Gower salue sa promise et Scrooby s’apprête à célébrer leur union, quand survient Bradford. Il invective les Cavaliers et condamne la cérémonie païenne, l’érection de cette tour de Babel. Des Puritains en armes envahissent la scène et circonviennent les Cavaliers qui ne peuvent se défendre ; ils s’attaquent à l’Arbre de Mai pour l’abattre tandis que l’un deux renverse la coupe de Samoset et gifle le chef indien. Le ciel est déchiré d’éclairs, le vent souffle en tempête. Bradford suit les prisonniers qui sont traînés vers la forêt.


Lawrence Tibbett en Wrestling Bradford
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MessageSujet: Re: Howard HANSON (1896-1981) Merry Mount (1934)   Mer 26 Sep - 0:39

Scène II : la forêt
Deux Puritains traînent Marigold au centre de la clairière : la scène est éclairée par la lueur de leurs lanternes. Bradford les congédie. Il prétend vouloir lutter seul avec l’âme de la pêcheresse. Au lieu de quoi il lui déclare son amour, puis comme elle le repousse, menace de la tuer plutôt que la voir mariée à un autre. Il tente alors de la violer, mais Gower, ses vêtements en lambeaux, qui vient d’échapper à ses poursuivants, se jette sur lui. Tewke et sa troupe ne sont pas loin, ils paraissent avec des hâches : Gower tente de se saisir d’une arme mais traversé par la pique d’un des Puritains, il s’effondre et meurt dans les bras de Marygold, qui appelle à la vengeance et à sa propre mort. Elle est emmenée par la foule. Tewke demande à Bradford de se resaissir et de se repentir, ce qu’il tente de faire resté seul : épuisé par le combat contre les Cavaliers et contre lui-même, il s’évanouit, tandis que des voix célestes font écho à sa prière. Il rêve :


Scène 3 : Rêve de Bradford ; le Rendez-Vous Infernal

Il rêve de la vallée de Trophet, un désert entre des murailles de pierrailles et de sable : des vapeurs s’élèvent des crevasses, et dans l’éclat des écrasements de météorites, on voit briller des os humains disséminés sur la plaine. Dans la tradition de Saint-Antoine, la vision de Bradford mélange les éléments de la fête païenne et la démonologie chrétienne. A la place de l’Arbre de Mai trône un champignon vénéneux sur lequel est assis un énorme crapaud portant au front un œil de diamant unique. Morton est Belzébuth, Scrooby dans son costume papal est l’antéchrist, les Neuf notables sont les ennemis d’Israel, Dagon, Moloch, Gog-Magog, Mahomet et Anubis représenté en homme-médecine par Samoset. L’ours est devenu une bête à trois têtes, ours, aigle et lion. Il tombe du ciel des sorcières chevauchant leur ballet, de derrière les rochers jaillissent des gobelins à tomahawks, des ogresses portant des chats-à-neuf-queues, diables à tridents, veau d’or à six yeux, et Minotaure vêtus de peintures de guerre indigènes qui se mêlent en des danses grotesques. Les monstres tendent le mufle vers l’éclair émeraude qui déchire le ciel et Lucifer-Gower, saignant sous le bandage qui lui barre la poitrine, entre accompagné d’une troupe de musiciens infernaux à serpents et bombardes, tandis qu’aparraissent des guerriers fantômes aux armures exotiques. Les monstres s’agenouillent au passage du démon et Bradford lui-même ne parvient pas à trouver la force pour rester debout. Traîné devant le trône de Lucifer, il résiste aux courtisanes mais l’apparition de Marygold-Astoreth en babylonnienne ruisselant de gemmes l’amène à l’apostasie, il renie Dieu, et appelle la malédiction sur la Nouvelle-Angleterre Puritaine, ouragan et pestilence, il signe le livre du Diable et reçoit au front la marque au fer de Satan.
Lucifer et les troupes infernales se retirent, Bradford demeure avec l’objet de sa concupiscence, et se souvement du cantique des cantiques de Salomon, il embrasse Astoreth et l’emmène à l’écart, ce qui fait que l’acte s’achève sur le duo d’amour tant attendu dans une habile apothéose d’émotions fortes et de romance cinématographique.


Götha Ljungberg créatrice du rôle de Marygold


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MessageSujet: Re: Howard HANSON (1896-1981) Merry Mount (1934)   Mer 26 Sep - 0:42

Acte III
Scène 1 : La forêt

Nuit d’orage. Au lever du rideau on découvre Bradford endormi, on devine à la lueur de la lanterne, Plentiful qui l’a couvert de sa cape et veille sur son sommeil avec effroi, car il continue d’appeler Astoreth et saisit Plentiful qui crie. Il se réveille et lui raconte comment dans son rêve il vient d’être couronné empereur de l’Enfer : en proie à une terreur partagée, ils s’enfuient vers le village.

Scène Finale
On entend battre les tambours de guerre des Indiens. Le rideau se lève sur une scène de désolation : pendant qu’il faisaient la chasse aux Cavaliers Stuart, l’église des Puritains a brûlé et d’autres batiments autour sont en flamme tandis que sur la place du village Samoset et ses guerriers exécutent une danse de guerre. Le chef offensé traîne un des enfants dehors et le scalpe. Au moment où ils vont s’enfuir, Samoset atteint par une balle à la tête s’effondre. Devant le spectacle, Tewke et les Puritains entament des lamentations bibliques.
Quand apparaît Bradford, ils se tournent vers lui pour trouver du soutien, mais, horrifié par la réalisation de la malédiction qu’il a lui-même prononcé, Bradford avoue son crime et son amour interdit. D’autres Puritains amènent Marygold, la foule réclame sa mort et qu’elle brûle comme une sorcière. Marygold se défend, elle fut heureuse autrefois, mais maintenant que son promis est mort, elle veut mourir à son tour. Alors que les assisatant commencent à la lapider, Bradford déchire sa chemise et ôte son couvre-chef, révélant la marque du démon sur son front.
Célébrant le nom de son nouveau maître, il invoque les flammes afin qu’elle se saississent de la colonie, il arrache Marygold à ses co-reliogionnaires et, la portant dans ses bras, pénêtre dans le brasier de la maison commune, tandis que les spectateurs tombent à genoux, anéantis.


maquette de Jo Mielzner pour la scène finale


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MessageSujet: Re: Howard HANSON (1896-1981) Merry Mount (1934)   Mer 26 Sep - 15:03


pochette de l'enregistrement de la première de 1934

Intentions et Réception

Il fallut quatre ans à Stokes pour trouver un compositeur qui accepte ce livret spectaculaire, aussi visuellement éloquent qu’un film muet, et trois ans à Hanson, pour achever la partition, bien qu’il se montrât particulièrement enthousiaste vis-à vis du développement des scènes chorales et des danses dont il savait par expérience qu’il pourrait tirer le meilleur parti.. Selon Hanson, Merry Mount est une œuvre « essentiellement lyrique, utilisant autant qu’il est possible de larges lignes mélodiques. Il y a moins de parlando qu’on n’en pourrait attendre d’un opéra contemporain, une tendance même à se rapprocher du style arioso… L’auditeur entendra quelques Américanismes autant dans l’harmonie que dans le rythme. Dans l’orchestration aussi ont été utilisés certains traits et couleurs nés de ce côté de l’atlantique… On pourrait dire un mot de l’usage fréquent d’une écriture modale, particulèrement dans la musique qui caractérise les Puritains. Il me semble que les modes mélodiques que sont l’Eolien, le Dorien, le Phrygien, et aux moments de grande agitation le Mixolydien correspondent assez bien à la description du charactère des Puritains ».
Cette déclaration de 1934 paraît curieuse aujourd’hui, en ce sens que là où pêche le plus l’opéra d’Hanson, c’est précisément dans l’absence d’arias à l’italienne, de musique de récital, d’airs : ils y sont bien sûr en plusieurs endroits, mais hormis le duo d’amour de la fin du II, ils ont tendance à passer inaperçus dans la narration (un peu comme chez Wagner en fait) même si le rêve de Bradford offre en son centre un morceau de bravoure dans le genre qu’affectionnait Tibbett, un grand solo à la Moussorgsky, où l’on passe du cantabile, à la déclamation, au cri.
Peut-être est-ce dû à une certaine inexpérience de Hanson, dont on ne peut pas dire qu’il soit un compositeur de chansons, même si c’est un mélodiste dans le domaine symphonique et choral.

Les critiques furent impitoyables. Et plus impitoyables à mesure que le public montrait son approbation. Ils prirent dès le début le compositeur de haut, le jugeant incapable de mener à bien la tâche , le résuidant à son rôle de directeur de l’Eastman Rochester School. Hanson dédia d’ailleurs l’opéra à Eastman, mort avant qu’il ait pu le terminer.

Après la création en oratorio au festival d’Ann Arbor, on put lire dans Time le 29 mai 1933 :

Citation :
« Howard Hanson dirigeait, gesticulant de ses bras anguleux pour bâtir des assemblement choraux susceptible de faire oublier les faiblesses orchestrales. L’austère thème humnique des Puritains dominait, malgré un interlude comique dans lequel les Cavaliers soûlent les Indiens, en préparation d’une danse autour du Mas de Cocagne de merry Mount. Le motif de l’amour de Wrestling Bradford ressemble étrangement à « Limehouse Blues ».

Une comparaison avec les danses polovtsiennes du Prince Igor aurait peut-être été mieux venue… et de reprendre perfidement :

Citation :
« Les critiques d’Ann Arbor prophétisent un grand succès pour Merry Mount l’hiver prochain au Metropolitan :
Extrait du livret : Les indiens
« Quag — kin — oh — boo,
Ha, ha, ha, ha!
Ook — ook — tah — moh,
Tchick, tchick, tchick, tchick!”*
*Curieux, le librettiste Monsieur Stokes, étant lui-même partiellement Indien ».

Lors de la générale, le New York Times rapporta que certains chanteurs se demandaient si la censure laisserait passer les écarts de langages et les insultes très explicites des Puritains.
Olin Downes, le critique de Times, après avoir réglé son compte à l’histoire trop chargée de diversions et au monolithisme du personnage principal, un dément sadique, alla même jusqu’à dénigrer le public. On lit dans sa chronique du 11 février 1934 :

Citation :
« La musique est, par moment conventionellement et bruyamment efficace. Sinon elle ne déploie ni originalité ni aucune aptitude particulère au théâtre. Son point fort est l’écriture chorale ; ce qui, au regard de la vérité dramatique est quelque peu inapproprié, puisque nous savons que les Puritains ne chantaient aucun chœur élaboré, ni rien qui y ressemble.
Autre particularité de l’occasion, le caractère inhabituel du public. Très représentatif sur le plan social et musical, il s’y mêlait une composante habituellement moins fortement représentée au théâtre lyrique. Un public plus intériorisé, réfléchi et conservateur qu’on a coutume d’en rencontrer en pareil lieu de divertissement… Ils écoutaient et regardaient avec grand sérieux et un intérêt soutenu. On peu raisonnablement supposer que pareil rassemblement (jusqu’à remplissage de la salle) était dû à la nature-même du sujet de Mr Stokes. »

Et en plus ils applaudissaient à tout rompre !
Il n’y eut pourtant cette saison-là que neuf représentations de l’opéra, dont trois en tournée, et on ne le revit pas les années suivantes : Tibbett enregistra l’air du premier acte, et ce fut tout.
Les critiques se répétant les uns les autres, on lit encore dans Les Matinées du Vieux Met de Paul Jackson :

Citation :
« Les ostinato incessants des tambours et les fanfares répétitives relèguèrent une grande partie de la partition au rang de musique d’accompagnement. Hanson n’établit aucune signature sonore propre, ni dans les sections Polovtsiennes chorales et dansées, ni dans l’écriture vocale monochromatique des rôles principaux… Hanson adore bâtir de vastes variations chorales sur des « Ah » : trop souvent la musique rappelle les facilités des bandes originales des film holywoodiens. Après l’immolation punitive de Bradford, une apothéose chorale accompagnée des inévitables tambours, forme la conclusion de l’opera. On doit donner raison aux lamentations de Johnson [le créateur de Gower] « beaucoup de travail et d’argent partis en fumées ».

Et certes il y a du vrai là-dedans : mais justement, la grande réussite de Merry Mount, outre les irritations qu’il a pu produire dans ses deux différents publics, c’est de fixer en 1934, tous les codes qui seront ceux de la musique de cinéma des années 50. C’est à la fois une musique de péplum, avec ses danses sauvages et exotiques, une musique de western empruntant des mélodies sans accident et des élans de batailles indiennes, une musique de film d’aventure et d’histoire d’amour à l’eau de rose (mais érotique tout de même), une musique d’enfer et de paradis, avec ses voix célestes qui font « Ah », le tout à l’intérieur d’une structure à base de thèmes récurrents, voire de leitmotive.

Quant à la signature d’Hanson, elle est tout à fait présente, même si on ne l’aime pas : abondance de l’usage d’échelles modales, de thèmes en gammes simples ascendantes, préférences pour des rythmes syncopés qui ne sont pas ceux du jazz mais plutôt de l’ouest, comme on les retrouve dans les excursions de Barber, orchestration rutilante, ostinati de timbales certes, mais aussi soin romantique des textures de cordes : même si ça ne fonctionne pas aussi bien qu’en d’autres assemblages, le style du compositeur est indubitablement omni-présent, et l’on en entrevoit d’autres à travers lui, Bernard Hermann ou Leonard Bernstein.
La saison du Met 1933-34, avec la reprise d’Emperor Jones de Gruenberg et Merry Mount anticipe de peu les deux premiers chefs d’œuvres de l’opéra américain qui seront créés sur Broadway, avec des distributions entièrement noires, 4 saints in 3 acts de Virgil Thompson, puis Porgy and Bess.

Il est probable qu’on ne reverra pas de sitôt Merry Mount en scène, c’est dommage car il y a indéniablement matière à spectacle, même si ce spectacle n’est pas ce qu’on attend au premier chef d’un opéra. Il n’y aucun intérêt pour des chanteurs à en reprendre des extraits en récital, il n’y a pas d’air mémorables, l’efficacité s’effondre si on l’accompagne au piano. Pourtant, il reste des mélodies très présentes et facilement mémorisables, dont on a du mal à se débarrasser, et que Hanson lui-même n’a pas utilisées dans la suite d’orchestre. Mais on monte bien des Lenore et des Fidelio qui, pour intéressants qu’on puisse les juger, n’ont pas plus de qualités dramatiques que Merry Mount et ne présentent guère d’extraits «détachables» (une fois oubliée les quatre versions de l’ouverture).
Dans le domaine des scènes chorales, Hanson lui-même s’est fait concurrence, avec le Lament for Beowulf opus 25, Song of Democracy, The Mystic Trumpeter, jusqu’à sa dernière symphonie sur les poèmes «maritimes» de Whitman qui suffisent largement à remplir un programme de concert, et sont plus représentatives de la personnalité et de l’originalité d’un compositeur déjà trop méconnu.


L'affreuse pochette de la version Schwartz 1996
Aucun de ces cd ne comprend de livret: le synopsis (anglais seul), identique dans les deux versions est assez embrouillé.
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Howard HANSON (1896-1981) Merry Mount (1934)
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