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 William WALTON (1902-1983)

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Sud273
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MessageSujet: William WALTON (1902-1983)   Ven 4 Mai - 15:30



Situé sur l’île d’Ischia, dont elle est devenue aujourd’hui l’attraction principale, La Mortella (le Myrte commun, mais sacré, en dialecte napolitain) est considéré comme l’un des plus beaux jardins du monde ; expressément désigné en 2004 comme le plus beau jardin d’Italie, il regroupe des essences tropicales, des agapanthes, des phoenix, des daturas et des orchidées à foison, fontaines et plans d’eau où poussent les rares nénuphars Victoria (les plus grands du monde, plante mystérieuse suceptible de changer de sexe dans la nuit, et dont la fleur passe du blanc immaculé au rouge vif).



Au hasard des allées, ou en escaladant la colline pourvue d’un petit funiculaire domestique, on y découvre un temple du soleil, une pagode Thaï,

un crocodile en bronze,

le tout dominant la mer thyrénéenne.

Au bout du promontoire –vue panoramique sur le soleil couchant- se dresse un rocher en forme de canine. Il y est apposé une plaque où l’on peut lire la citation de Traherne : « Toute félicité consiste à faire ce que faisait Adam », on y apprend aussi que le jardin fut composé par Russel Page et Susanna, l’épouse argentine de William Walton :

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MessageSujet: Re: William WALTON (1902-1983)   Ven 4 Mai - 15:50


William et Susanna Walton

- Quand nous avons acheté la propriété, William décida que c’était SON rocher, dit Susanna.
En 1956, les Walton se portèrent acquéreur d’une bicoque surnommée « la caserne » qui trônait au milieu d’un paysage lunaire. Laurence Olivier les avait bien prévenus de ne pas s’installer là « c’est un tas de pierres : vous ne pourrez jamais rien en faire », mais Walton, depuis sa convalescence à Capri l’année précédente, où Ayrton le représente devant une carafe de vin, le tein encore un peu jaune, désirait s’installer face à la mer, à l’ombre du volcan.



Lui-même n’avait pas la main verte, il arrachait les jeunes plans et laissait croître la mauvaise herbe, il fallut à sa femme une douzaine d’années de persévérance avant d’obtenir les premières fleurs et de transformer le bunker en une sorte de palais minoen ouvert sur les marches du paradis. Et il fallut attendre les 80 ans de Susanna avant que soit inauguré l’amphithéâtre, au sommet, et que John Gibbons ne fasse résonner dans la nuit napolitaine les premières notes de la musique d’Henri V. Il y avait déjà longtemps que la maison s’était transformée en une fondation pour les jeunes musiciens, et un musée où l’on pouvait voir les photos de Cecil Beaton, et le piano sur lequel le maître composa, Orb and sceptre, la marche du couronnement d’Elizabeth, et son opéra romantique, shakespearien et romain, « Troilus and Cressida ».


deux portraits de Walton par Beaton (National Portrait Gall)


-J’ai dit à William : mais TOUS les rochers sont à toi ! qu’est-ce que celui-là a de si particulier ?
-Tu ne comprends pas, c’est comme le cricket.
-Alors là, encore moins, je ne connais rien au cricket.
-Mais si, tu sais bien ?.. Les Cendres.
Bien qu’il n’ait guère quitté son île, William Walton est toujours resté profondément britannique, et le cricket était en conséquence le seul sport qui l’intéressait. « The Ashes », les Cendres, désigne une série de test matchs entre l’Angleterre et l’Australie, la plus célèbre compétition internationale de ce sport, ainsi nommée, car, à l’issue d’un match de 1882, remporté par les Australiens à l’Ovale de Kennington (Londres), le Sporting time publia une nécrologie satirique, déclarant la mort du criquet, et l’Australie fabriqua une urne contenant les cendres d’une balle et d’une batte, qu’elle offrit en trophée aux anglais mortifiés, lesquels s’efforcent de le conserver depuis.
Par cette périphrase sportive, Walton signifia son désir que ses cendres reposassent dans le rocher.
Susanna ne souhaite pas l’y rejoindre, prétendant qu’elle aimerait mériter de dormir à ses pieds. « Chantez un chant de louanges, pour le Maître adoré et révéré »

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MessageSujet: Re: William WALTON (1902-1983)   Mer 26 Sep - 1:10

Karajan et la 1ère symphonie

Une lettre de septembre 1947 semble attester du goût qu’avait Karajan pour la musique de Walton : « Je suis en train de répéter Belshazzar’s Feast de Walton, la meilleure partition de musique chorale écrite depuis une cinquantaine d’années ». Les 12 et 13 juin 48, à Vienne, Karajan joua l’oratorio de Walton, les critiques de l’époque en ont gardé un souvenir intense, mais Karajan ne retourna jamais à la partition. Walton, ne manquera pas plus tard de lui faire remarquer qu’il ne l’avait sans doute jouée que pour s’atirer les bonnes grâces de l’armée britannique et des autorités. Et c’est un fait, Karajan joua beaucoup de musique anglaise dans les années de la « dénazification », ces années où il fut sous contrat avec Walter Legge, fondateur du Philarmonia orchestra, qui fut un temps considéré comme le meilleur orchestre d’angleterre.
Legge, célèbre directeur artistique d’EMI dès les années 30 était allé chercher Karajan dans Vienne bombardée en 1946, malgré l’interdiction d’employer des artistes s’étant produit en Allemagne pendant la guerre. Il devait rencontrer Scharztkopf , sa future épouse peu après, un soir de représentation du Barbier, à l’issue d’une audition privée qu’on dit avoir été longue et cruelle. Avant de s’en aller créer son propre orchestre, Beecham avait essuyé les plâtres avec le Philarmonia (il avait dit-on reçu pour salaire du concert initial, un cigare), et Karajan même officiellement « réhabilité » avouera des années plus tard qu’il n’avait pris la tête de cet orchestre qu’après qu’on l’ait assuré qu’il n’y eût parmi ses membres, ni noirs, ni femmes, ni juifs, ni homosexuels… De tous le corpus de musique anglaise abordé par Karajan, ne restent que trois enregistrement officiels, les variations sur un thème de Bridge de Britten, la Fantaisie sur un thème de Thomas Tallis de Vaughan-Williams et les Planètes de Holst.

En 1953, à Rome Karajan est en charge de l’orchestre de la RAI : il leur fait déchiffrer la symphonie. Et le résultat est tellement satisfaisant qu’il la joue lors d’un concert radiodiffusé le 5 décembre 1953. Il a juste oublié de prévenir Walton qui n’aura pas l’occasion de l’entendre. L’enregistrement existe aujourd’hui dans un coffret « grands chefs du 20ème siècle », mais c’est du son radio ! une version néanmoins très séduisante, même si la fugue finale recèle quelques lenteurs dues à une moindre qualité des instrumentistes.

« Je suis convaincu qu’en art, les comités sont inutiles. Ce qui est nécessaire ce sont des gens comme Karajan, Culshaw (directeur artistique Decca) et moi ; non seulement nous savons comment obtenir les meilleurs résultats artistiques, mais aussi comment attirer le public (Legge fut l’inventeur et le promoteur de la formule du disque par souscription, vendu avant production) et mener à bien toute l’opération avec des collaborateurs triés sur le volet. La Démocratie est fatale en matière d’arts ; elle ne conduit qu’au chaos ou qu’à la production de produits nouveaux mais correspondant au plus petit dénominateur commun en terme de qualité. »
Walter Legge, 1982, mémoires éditées par E. Schwartkopf

Sur la fin, alors qu'on lui consacre un documentaire, Walton, très ému dit "je ne comprends pas bien toute cette agitation autour de ma musique. J'ai écrit trop de musique, vous ne voulez pas en enlever un peu de la bande son de votre film?"


Dernière édition par Sud273 le Lun 19 Oct - 13:55, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: William WALTON (1902-1983)   Mer 26 Sep - 1:14

1ère symphonie en si bémol mineur (1932-35)

A part en Russie, où la renaissance symphonique connaît une ampleur inégalée, quelle autre grande œuvre que la 1ère symphonie de Walton voit le jour entre 1933 et 1935 ? En France les dernières symphonies de Roussel, en Allemagne les deux symphonies de Kurt Weill, aux USA Hanson, possible influence de Walton, travaille à son opéra Merry Mount, entre ses deuxième et troisième. On dit que Sibélius silencieux déjà depuis 7 ans œuvre en secret à une hypothétique 8ème. En Angleterre Bax termine sa sixième symphonie et Vaughan-Williams songe à une quatrième (les deux premières étant un peu à part, l’une lyrique, l’autre très éloignée de sa version définitive).

Le succès inattendu de son oratorio Belshazzar’s Feast permet à Walton de recevoir dès 1931 la commande émanant d’Hamilton Harty (chef de l’orchestre symphonique de Londres, qui deviendra avant achèvement de la partition celui de l’orchestre de la BBC). Les premières pages paraissent dater de l’été 1932. La symphonie est une œuvre passionnée et romantique, elle parait décrire en vagues de tempête, les affres d’une relation passionnelle orageuse, l’ensemble de la partition est d’ailleurs dédiée à la baronne Imma Doernberg, chez qui Walton vit une partie de l’année 1933, avant une rupture cruelle qui entraine l’arrêt de la composition, si bien qu’Harty en donne la première, sans finale en décembre 1934, événement qui nuit encore aujourd’hui à sa réputation, les critiques trouvant le dernier mouvement éloigné de l’atmosphère de l’ensemble, alors que la célébration joyeuse de la double fugue s’explique d’après les proches de Walton par le fait « qu’il a simplement changé de compagne entre le 3ème et le 4ème mouvement ».
Dans les années 30, la mode à Londres est à Beethoven et Sibélius (considérés comme les deux grands symphonistes de l’histoire) : Walton va emprunter aux deux, à Beethoven la structure générale, l’organisation de son 1er mouvement, aux premières symphonies de Sibélius des thématiques secondaires (descendant les unes des autres) qui assurent la cohésion tout du long : il suffit d’entendre le thème de cor de l’introduction et l’orchestration des premières mesures pour voir qu’il pousse l’influence jusqu’à l’imitation. Les thèmes principaux et surtout leurs rythmiques sont du pur Walton en revanche, où l’on décèlerait plutôt des similitudes avec Stravinsky, ou Hindemith pour le traitement des cordes (1934-35 sont les années d’essai de la Symphonie Mathis der Maler).
Le scherzo « Presto con Malizia » succède directement à l’ample mouvement d’ouverture : le babillage joyeux est vite interrompu par des percussions de plus en plus soulignées qui donnent à l’ensemble une gravité et une solennité que ne dément pas l’ « adagio con malinconia » nostalgique et désespéré, traçant des appels elgariens qui se perdent dans un silence de cendres.
Le Maestoso final, commence par les mêmes appels, dans des fanfares de cuivres, mais en majeur : ce n’est cependant pas un hymne si réjouissant, plutôt une lutte incessante pour atteindre une joie forcée remise dix fois sur le métier par les superpositions de la fugue : l’avenir y apparaît rose-pale, et incertain. Si Walton est de nouveau amoureux, les Sitwell, ses amis poètes, auteurs et acteurs de Façade, chez qui il loge depuis des années ne s’entendent pas avec l’élue de son cœur, Alice Wimborne (une autre comtesse) et le prient d’aller construire ailleurs son nid d’amour. Ce mouvement d’avril 1935, que les critiques prirent à tort pour un retour à Elgar et à Bach, affirme ainsi qu’il n’est guère d’issue possible sans y perdre une partie de son âme, et les accords finaux après de longues phrases à la modalité hésitante, des effrois de cordes en trémolos, un bouquet de feux d’artifices qui se désagrège, utilisent ce procédé de la cinquième de Sibélius, où les accords piqués succèdent aux silences, comme autant de points d’interrogation.
Créée le 6 novembre 1935 (Hamilton Harty BBC SO), la symphonie n’a jamais quitté le répertoire classique… en Angleterre du moins.
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