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 Henri-Jean-Marie LEVET Cartes Postales (1902)

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Sud273
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Date d'inscription : 28/02/2007

MessageSujet: Henri-Jean-Marie LEVET Cartes Postales (1902)   Lun 5 Mar - 23:42

ALGERIE-BISKRA

Sous les terrasses du Royal défilent les goums
Qui doivent prendre part à la fantasia :
Sur son fier cheval qu’agacent les zornas,
On admire la prestance du Caïd de Touggourth…

Au petit café maure où chantonne le goumbre
Monsieur Cahen d’Anvers demande un cahouha :
R.S. Hitchens cause à la belle Messaouda,
Dont les lèvres ont la saveur du rhât-loukoum…

Le soleil, des palmiers, coule d’un flot nombreux
Sur les épaules des phtisiques radieux ;
La baronne Traurig achète un collier d’ambre ;

La comtesse de Pienne, née de Mac-Mahon
Se promène sur le boulevard Mac-Mahon…
-Hein ! Quel beau temps ! Se croirait-on fin décembre ?


REPUBLIQUE ARGENTINE : LA PLATA

Ni les attraits des plus aimables Argentines,
Ni les courses à cheval dans la pampa,
N’ont le pouvoir de distraire de son spleen
Le Consul général de France à La Plata !

On raconte tout bas l’histoire du pauvre homme :
Sa vie fut traversée d’un fatal amour,
Et il prit la funeste manie de l’opium ;
Il occupait alors le poste à Singapoure…

- Il aime à galoper par nos plaines amères
Il jalouse la vie sauvage du gaucho,
Puis il retourne vers son palais consulaire,
Et sa tristesse le drape comme un poncho…

Il ne s’aperçoit pas, je n’en suis que trop sûre,
Que Lolita Valdez le regarde en souriant,
Malgré sa tempe qui grisonne et sa figure
Ravagée par les fièvres d’Extrême-Orient…


COTE D’AZUR-NICE


L’Ecosse s’est voilée de ses brûmes classiques,
Nos plages et nos lacs sont abandonnés ;
Novembre, tribunal suprême des phtisiques,
M’exile sur les bords de la Méditerrannée…

J’aurai un fauteuil roulant « plein d’odeurs légères »
Que poussera lentement un valet bien stylé :
Un soleil doux vernira mes heures dernières,
Cet hiver, sur la Promenade des Anglais…

Pendant que Jane, qui est maintenant la compagne
D’un sain et farouche éleveur de moutons,
Emaille de sa grâce une prairie australe
De plus de quarante miles carrés, me dit-on,

Et quand le sang pâle et froid de mon crépuscule
Aura terni le flot méditerranéen,
Là-bas, dans la nouvelle Galles du Sud,
L’aube d’un jour d’été l’éveillera… C’est bien !

(Remarque personnelle du transcripteur :
Ach ! je ne voudrais pas prétendre… mais c’est tout à fait ça !)

Il reste deux cartes postales de Levet, publiées en 1902. Et il ne s’est pas trouvé même un mauvais musicien pour les mettre en musique !
dans la littérature du 20ème Henry Jean Marie Levet est un Ovni, et je ne vois pas qui, à part William Cliff, peut se réclamer de sa descendance
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Sud273
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MessageSujet: Re: Henri-Jean-Marie LEVET Cartes Postales (1902)   Mar 6 Mar - 11:43

Henri Jean-Marie Levet est né à Montbrison dans la Loire, le 13 janvier 1874. Il a été vice consul de troisième classe aux Indes, à La Plata, à Nagasaki. Il est mort le 14 décembre 1906 dans la villa de sa mère à Menton. Il a laissé moins d’une cinquantaine de poèmes et le brouillon de son roman inachevé L’express de Bénares est perdu.
Les rares anthologies qui citent ses poèmes présentent en général des extraits des « Sonnets torrides »



OUTWARDS

L’Armand-Béhic (des Messageries maritimes)
File quatorze nœuds sur l’Océan Indien…
Le soleil se couche en des confitures de crimes,
Dans cette mer plate comme avec la main.

-Miss Roseway, qui se rend à Adélaïde,
Vers le Sweet Home au fiancé australien,
Miss Roseway, hélas, n’a cure de mon spleen ;
Sa lorgnette sur les Laquedives, au loin…

- Je vais me préparer –sans entrain !- pour la fête
De ce soir : sur le pont, lampions, danses, romances
(Je dois accompagner Miss Roseway qui quête

-Fort gentiment- pour les familles des marins
Naufragés !) O qu’en une valse lente, ses reins
A mon bras droit, je l’entraîne sans violence

Dans un naufrage où Dieu reconnaîtrait les siens…
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Henri-Jean-Marie LEVET Cartes Postales (1902)
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